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Libido, où te caches-tu?

Libido, où es-tu?

« Ma libido joue à cache-cache depuis trop longtemps et je ne l’ai pas encore retrouvée! » Des propos que 70% des femmes en périménopause pourraient tenir. Pour vrai. Mais pourquoi?


Pour débuter, qu’est-ce que la libido? Si, éthymologiquement, ce mot signifie « violente envie » (un bien lointain souvenir pour plusieurs d’entre nous!), il désigne aujourd’hui l'appétit sexuel global, l’énergie qui sous-tend les instincts sexuels. Notre libido fluctue dans le temps et selon les circonstances… ça, on le sait! Il nous suffit d’être préoccupée par la santé du petit dernier, débordée au boulot, contrariée par le compagnon qui manque de délicatesse, pour qu’elle prenne le bord!


Cela dit, c’est encore plus vrai entre l’âge de 35 et 45 ans, âge où les premiers symptômes de périménopause apparaissent influençant du même coup, cette fragile, volatile, mais si précieuse libido! Ceci impacte en plus cette lubrification vaginale dont nous aurions tant besoin!


Le rôle des hormones sexuelles


On croit souvent, sans faire complètement fausse route, que la fluctuation de nos hormones sexuelles en est l’unique responsable, mais il n’en est rien! Enfin, bien qu’elle ait un rôle important à jouer dans plusieurs cas, d’autres facteurs sont aussi d’une importance clé. Par exemple, la perte de libido peut devenir « l’effet secondaire » d’un autre symptôme qui lui, sera directement lié à la péri ou à la ménopause (comme la fatigue extrême ou l’insomnie chronique).


D’un point de vue strictement physiologique, notre libido est liée à la sécrétion de progestérone et de testostérone, deux hormones sexuelles, particulièrement actives en phase ovulatoire. Et comme la nature est bien faite, un pic de ces deux hormones survient exactement à ce moment, occasionnant du même coup, un pic de libido.

Avec l’arrivée de la périménopause, et même si les règles demeurent présentes, de plus en plus de ces cycles seront anovulatoires. Et qui dit absence d’ovulation, dit absence de pic hormonal et progressivement, de sécrétion de progestérone et de testostérone par les ovaires, d’où une libido en chute libre. Et comme ce sont nos deux premières hormones à chuter, on s’en trouve vite affectée.


Éventuellement, c’est le taux d’oestrogènes qui chutera à son tour. Et pour certaines, cela se traduira par moins d’irrigation sanguine et de réactivité des terminaisons nerveuses dans les organes génitaux. Les orgasmes sont alors plus faibles voire absents et la sécheresse et/ou amincissement des parois vaginales rendent les rapports sexuels douloureux et la pénétration désagréable voire impossible. Sécheresse, brûlure, démangeaisons! Non mais… rien pour améliorer la libido!


La libidio et les hormones non sexuelles


Et puis, dans le registre des hormones non sexuelles, il y a aussi l’épuisement des surrénales dont on parle peu. Le dévouement et l’épuisement ressenti après avoir beaucoup pris soin des autres, peuvent aussi avoir raison de notre libido et de notre santé mentale/physique. Fatigue accumulée, sensation que le corps est complètement vidé de toute son énergie, sommeil non réparateur, stress, anxiété, surmenage et/ou humeur dépressive deviendront les symptômes d’une carence en certains nutriments mal métabolisés. Cette carence touche souvent les vitamines du complexe B et le magnésium et se sera installée insidieusement à travers les années. Combinée à des glandes surrénales qui secrètent trop de cortisol et d’adrénaline (nos hormones du stress), il en résulte le rêve, voire le fantasme d’une vraie bonne nuit de sommeil plutôt que d’une nuit endiablée.


Enfin, il y a le rapport à soi, à son corps. Notre capacité de nous trouver encore belle, séduisante, sexy. La qualité de notre rapport intime à notre partenaire. Cette capacité qu’à l’autre et de nous renvoyer une image positive de nous-même. Il y a les tensions dans le couple. Le temps qui passe. Le manque de stimulation et la routine. Le manque de communication. Le dilemme interne, le conflit de valeurs venant du sentiment qu’on a tellement de responsabilités, alors que le besoin de prendre enfin soin de nous crie de plus en plus fort!


Et tout ce qui précède ne tient pas compte de la prise de médicaments comme la pilule contraceptive, certains antidépresseurs, hypotenseurs, anticonvulsifs, antihistaminiques… qui influent directement la libido!


Visiblement, les hormones sexuelles en baisse et la périménopause ne sont qu’une partie du défi!


Des solutions SVP!


D’abord, la première bonne idée est d’en parler à son médecin et de passer un bilan sanguin. Il pourra rapidement détecter un possible dysfonctionnement hormonal, une carence en magnésium ou identifier la prise d’un médicament pouvant expliquer la situation. Si un lien direct est établi, il existe des solutions et c’est assurément la meilleure personne pour examiner ces options avec vous!


Même si la testostérone est grandement responsable de la libido, il s’agit d’une hormone masculinisante et ceci dit, il n’y a pas d’unanimité scientifique à savoir si elle devrait ou non, chez les femmes, faire partie d’un traitement substitutif hormonal lorsqu'elle est diminuée. Cette hormone peut occasionner bien des désagréments, même à mini dose. Dans un cas où plusieurs symptômes liés à la périménopause sont incommodants, l’ajout de progestérone bio-identique sera généralement favorisé.


Pour ma part, et ce n’est probablement pas une grande surprise, je favorise la pratique du yoga hormonal qui est juste fantastique pour stimuler naturellement la production de toutes les hormones sexuelles, thyroïdiennes, surrénaliennes, hypophysaires! De la presque magie pour intervenir à la source et sur tous les symptômes! À ce sujet, une cliente me racontait même avoir recommencé à « courir » après son conjoint dans la maison. Tu t’imagines? Cette pratique demande toutefois beaucoup de rigueur et de discipline et nous ne sommes pas toutes prêtes à s’y investir.


L'élimination des xénoestrogènes de notre vie est aussi une piste à explorer. Ces "mauvais oestrogènes" perturbent le système endocrinien, dont la production de testostérone, de progestérone et d’oestrogènes qui sont essentielles à une libido en santé. On les retrouve dans les produits ménagers, les plastiques, certains produits de beauté et de maquillage, la viande élevée industriellement, les produits laitiers, etc. Lorsque ingérés, les xénoestrogènes se fixent dans les récepteurs et prennent la place des « bonnes » hormones qui ne savent plus où aller… vous imaginez la perturbation?


Pour les douleurs et autres symptômes vaginaux, une petite quantité de crème d’oestrogènes bio-identiques, appliquée localement, deux à trois fois par semaine peut être une super solution. Encore une fois, vivement la consultation de votre médecin! Si vous souffrez de sécheresse ou de manque de lubrification, l’huile de coco et l’huile de sésame pressée à froid sont d’excellents lubrifiants naturels. Et ils font généralement le bonheur du couple! Puis il y a le yoga pelvien qui supporte les conditions hypotoniques et hypertoniques du périnée, tout en réactivant l’afflux sanguin vers cette région du corps. C’est aussi une super pratique pour se reconnecter à sa féminité!


Dans une perspective plus globale, question de favoriser son équilibre hormonal ainsi que le renouvellement de son énergie vitale et sexuelle, cesser les sucres raffinés et diminuer la caféine, accroître ses protéines de sources végétales, ses acides gras ainsi que sa consommation de fruits et légumes sont des avenues élémentaires. À tout cela, j’aime aussi ajouter des suppléments de multivitamines féminines, du magnésium, de la vitamine D et des omégas 3 puis, autant que possible, me coucher tôt, visant ainsi de 8h à 10h de sommeil chaque nuit. La santé physique et psychologique figurent parmi les meilleurs précurseurs de libido!


Et comme mot de la fin, j’ai envie de vous lancer, comme ça, qu’il a été démontré que faire l’amour permet de stimuler la production d’oestrogènes, de maintenir un PH vaginal équilibré, d’accroître l’irrigation sanguine dans le plancher pelvien voire, de retarder la ménopause. Quand-même pas rien!!! Et si la pénétration thérapeutique et le retard du vieillissement devenaient des sources de motivation supplémentaire à retrouver sa libido?




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Membre de l'Association des naturothérapeutes du Québec, de l'International Association of Yoga Therapists & de Yoga Alliance

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